Jeunesse et Internet au Cameroun : savoir-faire, savoir se montrer, savoir se vendre

Et si, aujourd’hui, le véritable défi pour un jeune n’était plus seulement de savoir faire, mais aussi de savoir montrer et valoriser ce qu’il sait faire ?

Le 18 août 2026, à l’occasion du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun (FGI-CMR 2026), le Youth IGF Cameroon a réuni des jeunes, des experts, des représentants des institutions, du secteur privé et de la société civile autour d’une question essentielle : comment construire un Internet camerounais plus inclusif, innovant et responsable ?

J’ai eu l’honneur de participer à cette rencontre en tant que panéliste, pour la deuxième fois. Une expérience toujours particulière, car prendre la parole devant un public pour partager son expérience et ses convictions demande non seulement de maîtriser son sujet, mais surtout de réussir à apporter quelque chose d’utile à la discussion.

Mon intervention s’est articulée autour d’une conviction simple : la jeunesse camerounaise ne doit pas seulement être connectée à Internet. Elle doit apprendre à transformer cette connexion en opportunités.


Avoir une compétence ne suffit plus

Internet a profondément changé notre manière d’apprendre, de travailler, de communiquer et de développer une activité.

Aujourd’hui, un jeune peut apprendre à cuisiner, à coder, à faire du graphisme, à coudre, à photographier ou à monter des vidéos grâce à des ressources disponibles en ligne. Il peut également trouver des clients, présenter ses réalisations, développer son réseau et vendre ses produits ou services sans nécessairement disposer d’un bureau ou d’une grande entreprise.

Mais une difficulté demeure : beaucoup possèdent des compétences sans savoir comment les transformer en opportunités.

C’est pourquoi j’aime résumer le sujet en trois étapes :

Savoir-faire.
Savoir se montrer.
Savoir se vendre.


1. Savoir-faire

Tout commence par une compétence réelle.

On peut être excellent cuisinier, couturier, graphiste, développeur, photographe, artisan ou réparateur. Mais cette compétence doit être travaillée, améliorée et suffisamment maîtrisée pour apporter une véritable valeur.

Internet ne remplace pas le savoir-faire. Il peut toutefois permettre de l’acquérir, de le perfectionner et de le partager.

2. Savoir se montrer

C’est ici que beaucoup de jeunes passent à côté d’opportunités.

Avoir une compétence est une chose. Donner la possibilité aux autres de la voir en est une autre.

Un portfolio, des photographies de réalisations, des vidéos, des témoignages de clients, une page professionnelle ou même un simple compte bien utilisé peuvent permettre de démontrer ce que l’on sait faire.

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir des moyens importants pour commencer.

Un smartphone peut aujourd’hui être à la fois notre appareil photo, notre caméra, notre studio, notre portfolio, notre boutique et notre porte d’entrée vers le marché.

La visibilité professionnelle ne consiste donc pas simplement à être vu.

Elle consiste à être identifié, crédible et facilement contacté lorsqu’une opportunité se présente.

3. Savoir se vendre

Se vendre ne signifie pas se vanter. Il s’agit surtout de savoir expliquer clairement ce que l’on fait, pour qui on le fait et la valeur que l’on apporte. Prenons l’exemple d’un cuisinier.

Dire simplement : « Je suis cuisinier et je vends mes services » donne peu d’informations. On peut plutôt dire :

« J’aide les particuliers et les entreprises à rendre leurs événements mémorables grâce à une expérience culinaire adaptée à leurs invités. »

La différence est importante. Dans le premier cas, on présente un métier. Dans le second, on présente une solution à un besoin. C’est cette capacité à comprendre les besoins du marché et à communiquer clairement sa valeur qui peut permettre à une compétence de devenir une véritable activité économique.


Internet : ne pas seulement consommer, mais créer

Les discussions autour de la jeunesse et du numérique se concentrent souvent sur l’accès à Internet. C’est évidemment essentiel. Mais être connecté ne garantit pas automatiquement qu’un jeune saura tirer profit du numérique. La véritable question est aussi de savoir ce que nous faisons de cette connexion. Sommes-nous uniquement des consommateurs de contenus ? Ou sommes-nous également capables d’apprendre, de créer, de montrer, de connecter et de vendre ?

Internet peut être un espace de divertissement. Mais il peut aussi devenir une salle de formation, un bureau, une vitrine commerciale, un réseau professionnel et un marché. Tout dépend de l’usage que nous en faisons.


Une responsabilité qui concerne aussi les jeunes

La gouvernance de l’Internet ne concerne évidemment pas uniquement les institutions, les entreprises technologiques ou les décideurs. Les jeunes ont également un rôle à jouer. Notre manière de nous comporter en ligne, de partager l’information, de construire notre réputation numérique ou de participer aux conversations publiques contribue à façonner l’Internet que nous voulons.

Il ne suffit donc pas de réclamer un Internet plus inclusif, plus sûr et plus innovant. Nous devons également apprendre à devenir des acteurs responsables de cet Internet. Cela implique de développer notre esprit critique, de lutter contre la désinformation et le cyberharcèlement, mais aussi d’utiliser le numérique pour créer des solutions, valoriser nos compétences et construire des opportunités.

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Transformer la connexion en opportunité

Cette rencontre du Youth IGF Cameroon m’a conforté dans une conviction : la jeunesse camerounaise n’a pas seulement besoin d’être connectée à Internet. Elle doit apprendre à transformer cette connexion en compétences, en visibilité et en opportunités. Le défi n’est donc plus uniquement d’avoir accès au numérique.

Il est aussi de savoir quoi en faire.

Apprendre.
Créer.
Se montrer.
Se connecter.
Vendre.
Collaborer.

C’est peut-être là l’un des grands enjeux de la transformation numérique de notre jeunesse. Et finalement, derrière toutes ces questions, une idée demeure :

Avoir une compétence est un début.
Savoir la montrer permet d’être remarqué.
Savoir la valoriser permet de créer des opportunités.

C’est dans cette capacité à passer du savoir-faire au savoir se montrer, puis au savoir se vendre, que beaucoup de jeunes peuvent commencer à construire leur avenir avec les outils qu’ils ont déjà entre les mains.

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