Ce que l’ICT University nous apprend sur le designer de demain

À première vue, une cérémonie de remise de diplômes est un moment consacré à la célébration d’un parcours académique. Mais lorsqu’on y assiste avec le regard d’un designer, on peut aussi y voir une occasion de réfléchir à une question essentielle : quelles compétences les jeunes professionnels doivent-ils développer pour évoluer dans un monde où la technologie transforme profondément les métiers ?

C’est la réflexion que m’inspire la cérémonie de remise des diplômes des promotions 2019 à 2025 de l’ICT University, organisée ce 31 juillet 2026 à Yaoundé.


ICT University, une institution tournée vers le numérique

Basée à Yaoundé, l’ICT University est un établissement d’enseignement supérieur agréé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur. L’université compte plus de 15 000 étudiants et propose des formations allant du Diplôme au Doctorat, en présentiel comme en ligne.

Son positionnement met notamment l’accent sur les technologies, l’innovation, l’entrepreneuriat et l’acquisition de compétences pratiques permettant aux étudiants de répondre aux défis du monde professionnel. L’université développe également des partenariats académiques internationaux et propose notamment des programmes dans le domaine de l’eAgriculture.

Cette orientation vers le numérique mérite l’attention des professionnels de la création. Car aujourd’hui, les frontières entre technologie, communication et créativité deviennent de plus en plus difficiles à tracer.


Une nouvelle étape dans la relation avec l’Université de Buéa

La cérémonie de ce jour revêt également une importance particulière sur le plan institutionnel. Elle intervient après la résolution d’un problème de certification qui affectait certains étudiants de l’ICT University.

Cette issue a été rendue possible grâce à l’intervention du Gouvernement camerounais et au dialogue engagé entre les responsables de l’ICT University et de l’Université de Buéa. Les deux institutions entendent désormais inscrire cette collaboration dans un cadre renouvelé et durable.

Au-delà de la résolution d’un problème administratif, cette nouvelle étape est présentée comme le début d’un partenariat fondé sur la confiance, le dialogue et la responsabilité partagée en faveur des étudiants.

Et cette notion de collaboration est justement intéressante lorsqu’on parle du métier de designer.


Le designer de demain ne sera pas seulement un expert des logiciels

Pendant longtemps, être designer graphique pouvait essentiellement être associé à la maîtrise d’outils comme Photoshop, Illustrator ou InDesign.

Mais le métier a profondément évolué.

Aujourd’hui, savoir utiliser un logiciel ne suffit plus. Un designer doit comprendre la communication, le branding, les réseaux sociaux, les besoins d’une entreprise, les attentes d’un public et, de plus en plus, les technologies qui accompagnent son travail.


La compétence technique reste importante, mais elle n’est plus une fin en soi.

Un bon designer ne se contente pas de produire une belle affiche. Il doit être capable de comprendre pourquoi cette affiche existe, à qui elle s’adresse, quel message elle doit transmettre et surtout quel problème elle doit contribuer à résoudre.

C’est cette capacité à connecter plusieurs disciplines qui donnera davantage de valeur aux créatifs de demain.


Et l’intelligence artificielle ?

Impossible de parler aujourd’hui de l’évolution des métiers créatifs sans évoquer l’intelligence artificielle.

Pour beaucoup de designers, l’IA peut apparaître comme une menace. Elle peut effectivement automatiser certaines tâches qui demandaient auparavant beaucoup de temps : génération d’images, retouches, déclinaisons, recherche d’idées ou production de contenus.

Mais la véritable question n’est peut-être pas de savoir si l’IA va remplacer les designers.

La question est plutôt : quelle valeur restera au designer lorsque la production deviendra de plus en plus facile ?

À mon sens, la réponse se trouve dans la capacité à réfléchir.

L’IA peut produire une image. Mais le designer doit savoir quelle image produire, pourquoi la produire, pour qui et dans quel objectif.

L’IA peut proposer plusieurs concepts. Mais c’est au professionnel de savoir reconnaître celui qui est pertinent pour une marque.

L’IA peut accélérer l’exécution. Mais elle ne dispense pas de comprendre le problème que l’on cherche à résoudre.


Le diplôme est une étape, pas une destination

Le message de l’Apôtre John CHI aux diplômés lors de cette cérémonie rejoint d’ailleurs cette réflexion.

Il les a invités à « mettre toujours Dieu en premier dans tout ce que vous faites » et à rechercher l’excellence plutôt que la simple réussite.

Son message rappelle qu’un diplôme ne constitue pas l’aboutissement d’une carrière. Il marque plutôt le début d’une nouvelle étape.

Pour un designer comme pour n’importe quel professionnel, il faudra continuer à apprendre, expérimenter, se remettre en question et développer de nouvelles compétences.

Le monde professionnel ne récompense pas uniquement ceux qui possèdent des diplômes. Il valorise aussi ceux qui savent s’adapter, résoudre des problèmes, collaborer et créer de la valeur.


Le designer de demain devra être hybride

C’est peut-être l’une des principales leçons que je retiens de cette cérémonie.

Le designer de demain sera difficile à enfermer dans une seule case.

Il devra être suffisamment créatif pour imaginer, suffisamment stratégique pour comprendre les enjeux d’une organisation, suffisamment technologique pour exploiter les nouveaux outils et suffisamment curieux pour continuer à apprendre.

Le monde dans lequel entrent aujourd’hui les diplômés de l’ICT University est justement un monde où ces différentes compétences se croisent de plus en plus.

Le designer ne doit donc plus seulement chercher à mieux maîtriser ses outils. Il doit chercher à mieux comprendre le monde dans lequel ses outils sont utilisés.

Et peut-être que c’est là que se trouve la véritable différence entre un simple exécutant et un professionnel de la création capable de rester pertinent demain.

Le designer de demain ne sera pas forcément celui qui maîtrise le plus de logiciels. Ce sera celui qui comprend le mieux les problèmes qu’il doit résoudre.

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